Les grands coupés ont toujours été populaires aux USA et l’Allure représentait donc pour Renault (puis pour Eagle…) une solution intéressante afin d’élargir la gamme de produits locaux. La voiture devait normalement débarquer sur le marché fin 1988, début 1989. Mais les « marketeurs » de chez Chrysler en ont décidé autrement...

3 litres V6
Un exemplaire de cette voiture particulière a été conservé dans la collection FCA Heritage, à Detroit. Un modèle blanc, dont les logos Renault ont été effacés. Pas de « losange » sur la calandre ni sur le volant, donc. Mais des indices de l’origine du modèle sont visibles, comme les clés de contact, qui proviennent de chez Renault. Sous la carrosserie, ce coupé cache aussi plusieurs pièces communes avec la Premier. Le tableau de bord est également piqué à la Premier, bien qu’il dispose d’une console centrale spécifique et d’un cadran à chiffres rouges. Le modèle conservé au FCA Heritage dispose du moteur 3.0 V6 bien connu, associé à une boîte manuelle à 5 rapports. À l’époque, les concepteurs avaient certainement songé aussi ajouter à la gamme le bloc 2.5 V6 turbo.
Quant aux sièges, ils sont ici spécifiques, avec de jolis appuie-tête intégrés. Tout comme la Premier, cette Allure disposait aussi d’un grand coffre. Et cet unique exemplaire survivant chausse d’élégantes jantes en alliage léger, qui ont ensuite également été montées sur la Premier. On note encore les rétroviseurs de forme aérodynamique et la partie avant fixe des vitres de portes.
UN TOIT FLOTTANT
Les vitres arrière embrassent le hayon, ce donne l’effet d’un toit flottant vu de l’arrière. La décision de ne pas intégrer ce modèle à la gamme Eagle semble assez peu logique. Peut-être le constructeur américain a-t-il eu peur d’une concurrence interne au sein de son groupe?
VOITURE GRISE
De l’autre côté de l’Atlantique, lorsque la production a cessé sur l’île Seguin à Billancourt, fin 1992, la collection de l’usine était limitée. Mais, surprise, elle comprenait un prototype de l’Allure. Le modèle était peint en gris foncé, mais dépourvu de phares et clignotants. Et si l’exemplaire de chez Chrysler arbore des pare-chocs noirs et de flancs brillants, ceux du proto Renault étaient simplement peints dans la couleur de la carrosserie, tout comme dans le cas de la finition LX de la Premier. Et ici aussi, les logos étaient manquants. Cette voiture grise a toutefois disparu et ne fait donc pas partie de la collection actuelle de Renault Classic. On peut en conclure qu’elle a dû être détruite, jetant ainsi dans l’oubli la dernière trace de l’histoire de Renault aux Etats-Unis…