La vie est une alternance de victoires et de défaites. Est-ce que je deviens un peu philosophe maintenant ? Oui, en fait. En vieillissant, on perd de plus en plus de personnes de son entourage, des personnes plus ou moins proches. Mais heureusement, leur souvenir reste toujours vivant en nous. Comme mon bon ami Bernard Joly.
Lors du premier lancement de Losange Magazine en mars 2007 à la Belle Champenoise de l'Époque à Reims, Bernard s'est arrêté à mon petit stand dans le couloir qui reliait les trois salles d'exposition de l'époque. Ce n'était pas un grand homme par la taille, mais ce professeur d'allemand avait un grand intérêt pour l'histoire de Renault. Après quelques minutes, il m'a également dit qu'il était dessinateur et que cela pourrait être une bonne idée de fournir des dessins à publier dans mon tout nouveau Losange Magazine. Et c'est ce qui s'est passé.
Depuis juin 2007, chaque numéro du Losange Magazine contient un dessin à la plume réalisé par Bernard Joly. Et il ne s'est pas limité aux véhicules d'une certaine époque ou à certaines voitures particulières. Non, il pouvait tout dessiner, en passant des trains aux camions, mais aussi des camionnettes et, bien sûr, de nombreuses voitures de tourisme, du début jusqu'aux années 80, sont nées de sa plume. Parfois, il allait plus loin que le véhicule et dessinait également les environs. Dans le hall de sa maison se trouvent quelques dessins de grandes Renault des années trente qu'il a peintes en couleur dans le style que nous connaissons par les brochures.
Il a passé la quasi-totalité de sa dernière année à l'hôpital. Lors de l'une de nos dernières conversations téléphoniques que nous avons pu échanger, il m'a dit que toutes ses archives Renault me reviendraient. "De cette façon, je peux continuer à contribuer au Losange Magazine pendant des années après ma mort." C'était très touchant que quelqu'un puisse avoir un si beau geste. Bien sûr, pour faire vivre son œuvre, il faut que je continue à publier ses dessins. Grâce à son travail, j'en ai encore assez pour des années.
Je me suis récemment rendu chez lui et j'ai reçu de sa femme ces fameuses archives. C'est étrange d'être chez quelqu'un et de ne plus y voir cette personne. Tout est toujours pareil, mais pas totalement, il y a ce vide. Merci beaucoup Bernard, vous ne serez certainement pas oublié...
Tony Vos, rédacteur en chef/éditeur Losange Magazine