Renault 12 Break Camargue

Ensemble d'autocollants ou série limitée

Voiture unique

En 2004, Denis Thomas a découvert par hasard la Renault 12 Camargue. Un break blanc avec de grands autocollants en impression bois. À l'époque, il ne savait pas encore que cette voiture était tout à fait unique et officiellement livrée par Renault.

Photo: Le propriétaire Denis Thomas.

Une connaissance

Les séries spéciales attirent l'attention des passionnés. Mais la série limitée n'est qu'un phénomène des trente à quarante dernières années. Denis Thomas n'avait jamais entendu parler d'une Renault 12 Break Camargue jusqu'à ce qu'une connaissance lui propose cette voiture. C'était assez loin pourtant assez loin de chez lui. Denis vit dans le nord-est de la France, près d'Épinal, et son projet d'achat s'est déroulé dans la région de Carcassonne, dans le sud, en 2004.

Le club Renault 12 régional

Denis : "Le propriétaire voulait vendre la voiture parce qu'il avait transformé un SAVIEM TP3 en camping-car. Il voulait faire un grand tour d'Europe avec. Il a cherché à entrer en contact avec le club Renault 12 régional, l'Amicale 12 dans les Bouches du Rhône (13). Ils n'ont pas trouvé de fans parce qu'ils n'avaient tout simplement aucune idée de ce qu'était une Renault 12 Break Carmargue. Puis on m'a contacté. J'étais intéressé, mais je trouvais le prix beaucoup trop élevé. En fait, je plaisantais en disant que j'allais m'occuper de la voiture pour 500 euros. Et le propriétaire a accepté. Il voulait juste partir avec son camping-car."

Dépliant

Je suis allé voir si je pouvais trouver quelque chose sur la Camargue. J'ai envoyé une photo de ma voiture à La Vie de l'Auto pour déterminer si les lecteurs savaient quelque chose sur ce modèle. J'ai ensuite trouvé une photo dans l'Autojournal qui m'a fait comprendre que la Camargue était bel et bien une Renault d'origine. Parmi les retours que j'ai reçus par le biais de différents magazines, quelqu'un a scanné un dépliant publié à l'époque par Renault et le fabricant d'autocollants France Applications. Chaque autocollant semblait avoir son propre numéro de pièce Renault.

La voiture de Denis était une voiture de démonstration d'un concessionnaire Renault. Sous la plaque d'immatriculation actuelle se trouve encore le numéro d'immatriculation du garage, peint à l'origine et se terminant par WW34. Jean Hugon à Béziers en a été propriétaire depuis le 7 juin 1972, et il l'est resté jusqu'en l'an 2000. Le deuxième propriétaire a vendu la voiture à Denis quatre ans plus tard. "Entre-temps, j'ai trouvé un deuxième exemplaire similaire à ce véhicule. Le propriétaire actuel a trouvé la Renault 12 dans la grange de son grand-père, celle-ci a encore tous les autocollants d'origine, sur ma voiture les deux avant ont été remplacés".

France Applications

Les autocollants "France Applications" sont composés de deux couches. Une couche de vernis a été appliquée sur l'impression du bois pour la protéger. Après près de 50 ans, cette couche se décolle. "Je cherche depuis un certain temps une entreprise qui pourrait refaire les autocollants, de préférence selon le procédé original. Si j'y parviens, je retire les portes et le hayon de ma voiture et je les conserverai avec les autocollants d'origine. Je placerai ensuite d'autres pièces de carrosserie et je mettrai les nouveaux autocollants en place sur celles-ci".

Le contact s'est rapidement établi entre Denis et le premier propriétaire, Jean. "Il m'a dit qu'à la fin de 1971/début 1972, un total de 1 500 exemplaires blancs et 1 500 exemplaires beiges de la Renault 12 Break avec des autocollants Camargue avaient été livrés aux concessionnaires. Je n'ai jamais pu trouver de confirmation. En réponse à ma première lettre, Jean m'a envoyé une photo de la voiture tirée de son album de famille. Elle était accompagnée de diverses factures, comme pour le remplacement du moteur après des vacances dans les Alpes. J'ai également une copie du bon de commande d'Occasion Or Renault et la facture correspondante. La voiture a été immatriculée le 27 avril 1972".

Télévisions

Ce contact chaleureux a bien sûr conduit à une visite de Denis à Jean et cela s'est produit à l'été 2010 lorsque lui et sa famille sont partis en vacances dans la région où la voiture roulait depuis longtemps. Jean était à l'époque réparateur de télévisions. "Au départ, Jean ne voulait pas prendre le volant. Entre-temps, il a pu me raconter comment la plupart des bosses se sont produites. Finalement, je l'ai installé au volant.  L'homme brillait de bonheur. Bien sûr, j'ai profité de cette occasion pour prendre des photos de lui dans la voiture avec sa femme".

Un an plus tard, en 2011, Denis est retourné dans le sud, près de Montpellier, avec sa Renault 12 Camargue. Il y a visité une manifestation de voitures de collection. Après une visite du parc, il trouva une note sous l'essuie-glace indiquant qu'il avait gagné un prix avec sa voiture.

Personnalisation

Au cours des seize dernières années, Denis a personnalisé la voiture ici et là. Il a monté le volant en cuir d'une Renault 18 GTX et la calandre d'une Renault 12 S espagnole à double phares. Les butées de pare-chocs à l'avant sont également de ce modèle. Il cherche depuis un certain temps déjà un pare-chocs arrière assorti. "J'ai des barres de toit d'Argentine avec des bandes correspondantes que je voudrais monter. J'ai participé à l'organisation des 50 ans de la Renault 12 en septembre 2019. Un participant d'Argentine m'avait alors apporté ces pièces".

Afin de personnaliser l'intérieur de la voiture, il a placé le revêtement de sol et les baguettes de l'espace de chargement d'une 12 TS. Il en va de même pour l'arrière du dossier de la banquette sur lequel on retrouve ce matériau. 

La Renault 12 Camargue peut être considérée comme une série limitée, mais aussi comme une 12 Break normale avec des autocollants collés dessus. En tout cas, cela habille la voiture de façon supplémentaire et dans cet esprit, Denis veut aller un peu plus loin. "La voiture mérite d'être repeinte. La peinture est passée. Si je lave la voiture, de l'eau blanche s'écoule. Ensuite, je veux aussi remplacer une partie des caoutchoucs des vitres. Par exemple, je veux remonter les vitres latérales arrière avec les caoutchoucs d'un Break 12 TS. Sur ces caoutchoucs, il y a un bandeau chromé.

Cipa

Peu avant le reportage, Denis a installé des roues en alliage léger sur la voiture. Il les a trouvées dans un foire spécialisée et elles font partie de la gamme Renault Boutique. Cette roue s'appelle officiellement Amil et a été livrée jusqu'en 1981 pour différentes Renault avec des roues de 13 pouces. Il les a complètement rénovées et repeintes. En tant qu'accessoire d'origine Renault, elles s'accordent parfaitement avec les autocollants qui ont également été vendus en complément.

Les deux rétroviseurs extérieurs Cipa que Denis a montés sur sa Renault 12 sont un détail amusant. Le constructeur Cipa ne se trouve pas très loin de chez Denis.

Denis : "Juste avant d'acheter ma voiture, j'ai vu par hasard une Renault 12 Camargue sur le camion d'un démolisseur qui s'éloignait du concessionnaire Renault à Épinal. C'était l'époque des Balladurettes, la prime que le ministre Balladur promettait lorsque les gens faisaient reprendre leur ancienne voiture pour une nouvelle. De nombreux grands classiques ont ainsi disparu à l'époque. Je n'y ai repensé qu'après avoir acheté ma voiture. Un ami qui travaillait chez ce concessionnaire pouvait encore se souvenir du modèle blanc. De plus, dans La Vie de l'Auto, dans une série de reportages sur les vieux garages, il y avait une photo d'un garage de Strasbourg qui a été prise lors de la livraison de la voiture. Quelqu'un a répondu à mon appel dans différents magazines avec une photo de lui à côté de la Camargue de son père".

En bref, la voiture de Denis est peut-être très rare, mais elle a certainement été livrée en plusieurs exemplaires.

Le nom Camargue apparaît dans une lettre gracieusement écrite, découpée dans le matériau de l'autocollant, à la fois sur le côté gauche du hayon et à l'arrière de l'aile arrière droite. Au total, l'ensemble se compose de neuf autocollants, chacun ayant son propre numéro de pièce. La description du fabricant sur la façon d'appliquer les autocollants explique qu'il s'agit d'un film moléculaire qui se fixe sur la peinture de la voiture. Cela rend le matériau résistant aux rayures et bien protégé contre les températures élevées et les rayons ultraviolets. Une garantie de pas moins de cinq ans a été donnée au début des années 1970. 

Grand ruban adhésif

L'application doit être relativement facile. Il faut d'abord nettoyer la carrosserie avec soin. Ensuite, bien mesurer l'emplacement exact des autocollants et coller chaque autocollant sur le dessus de la carrosserie avec l'aide d'un grand ruban adhésif. Il est ensuite décrit que le film doit être détaché du support. Enfin, le film peut être plaqué doucement, petit à petit, sur la carrosserie à l'aide d'une spatule en plastique fournie.

Tous les matériaux mentionnés sont inclus dans le kit, y compris une instruction détaillée. Selon la brochure, la pose des neuf autocollants prend environ trois heures. Le set Camargue a ensuite été proposé pour 900 francs français. Ce montant équivaut à environ 140 euros en tenant compte de la valeur monétaire de 1971/1972.