Comparaison

Cinq après la « 5 »

Cinq generations

Cela fait bientôt 30 ans que la Renault Clio a débarqué sur le marché des petites compactes. La première génération est apparue en 1990. Et la 5e du nom a été lancée sur le marché il y a quelques mois. L’occasion de rassembler les cinq générations du modèle, afin de mieux les comparer. 

Clio I

En portant un nom et plus un chiffre, et en s’offrant une nouvelle forme de carrosserie, la première Clio a insufflé une véritable bouffée de fraîcheur dans la gamme lors de son lancement, en 1990. Elle n’était pourtant pas totalement nouvelle techniquement… Sous sa carrosserie, elle reprenait en grande partie la technique de la Renault Supercinq, qui datait de 1984 et fut la première petite Renault dotée d’un moteur installé en position transversale. La Clio recevait toutefois de nouveaux moteurs. D'abord le quatre cylindres « Energy » de 1.2 et 1.4 litre. Quant au bloc 1.7 litre des 5 GTX et Baccara, il a vu sa cylindrée portée à 1.8 litre. La version sportive 16S/16V, elle, embarquait une variante à 16 soupapes du moteur 1.8 litre. Et en Diesel, le moteur 1.6 litre de la Renault 5 était porté à 1.9 litre.

Esthétiquement, si la Renault 5 restait très carrée, la Clio, elle, arrondissait sensiblement les angles. Elle grossisait aussi des hanches, pour donner une plus grande impression de largeur. La face avant était également très fermée, avec juste une minuscule grille au-dessus du pare-chocs. Une grande partie de l’air frais était en fait apportée par la large ouverture taillée dans le pare-chocs. Tout comme sur la Renault 5, le capot de la première Clio s’ouvrait vers l’avant de la voiture. Quant aux poignées de portes encastrées, elle ont été remplacées par de classiques poignées en plastique noir, qui étaient identiques pour les versions 3 ou 5 portes. À l’arrière, une bande grise reliait les deux blocs optiques. Selon le niveau de finition, les pare-chocs étaient soit gris, soit peints dans la couleur de la carrosserie.

Williams 1994

Renault proposait un large choix de finition. La version de base RL était suivie des RN et RT. Le top du top a suivi un peu plus tard : il s’agissait bien sûr de la déclinaison Baccara, garnie de série d’une sellerie en cuir. Côté sport, la version 16S/16V succédait à la fameuse Renault 5 GT Turbo. Le turbo fut rangé au placard et le moteur 1.8 litre à culasse 16 soupapes développait 137 ch. Ce modèle a servi de base pour la préparation de beaucoup de modèles engagés en Sport Auto.

À partir de 1989, Renault fut à nouveau actif en Formule 1, via l’écurie Williams. D’où le lancement en 1993 de la très sportive Clio Williams. Dans son cas, le 1.8 litre a été remplacé par un bloc de 2 litres de cylindrée, développant 150 ch, une puissance considérable pour une voiture ne pesant que 990 kilos. Renault a aussi proposé une série de versions dynamisées de la première Clio, comme la Clio S ou encore la RSi avec moteur 1.8 litre à injection  multipoint.

Joint de vilebrequin

L’exemplaire illustré ici appartient à Corné Broeders. Il a acheté cette voiture en 1997. « Il s’agit d’un exemplaire allemand phase II, portant le numéro 4067 sur le tableau de bord », nous dit Corné. « Lorsque j’ai acheté la voiture, elle affichait 70.000 kilomètres au compteur. Elle en compte aujourd’hui 120.000. Hormis le remplacement de l'embrayage et d'un joint de vilebrequin, je n'ai jamais rien eu de sérieux à faire sur cette voiture, que je n’utilise que pour mes loisirs. Et quand il pleut, elle reste bien au chaud à l’intérieur. »  

Clio II

C’est en 1998 que fut présentée la deuxième génération de Clio, proposée elle aussi en versions à 3 ou 5 portes. La voiture affichait des formes encore plus rondes, des feux arrière triangulaires et des optiques avant qui, tout comme sur les dernières variantes de la première Clio, mordaient un peu plus sur le capot. Une silhouette plus costaude et dynamique. Sous le capot, on trouvait le bloc 1.6 litre à 16 soupapes qui constituait une introduction à la sportivité. Mais la vraie méchante, c’était bien sûr la variante 2 litres 16V. Et cette deuxième génération de Clio s’est aussi déclinée dans la diabolique version V6 à moteur arrière, conçue et dessinée dans l’esprit de la R5 Turbo, mais animée par un bloc 3 litres V6 à 24 soupapes, fixé derrière les sièges avant.

Clio V6

En 2001, la Clio II a profité d’un restylage. Extérieurement, c’était surtout la partie avant qui était modifiée, l’arrière évoluant moins. Un élément de carrosserie trapézoïdal portant le logo Renault divisait la calandre en deux parties. Les feux adoptaient quant à eux une forme triangulaire encore plus marquée, tandis qu’à l’intérieur, le tableau de bord et ses matériaux évoluaient. Sous le capot, en Diesel, le moteur 1.9 litre était remplacé par les premières variantes du bloc 1.5 dCi, proposé à l’époque en 65 et 80 ch.

300.000 bornes

La Clio II phase II illustrée ici appartient à Nico Katsburg. Il a acheté le modèle en février 2016. « Depuis lors, c’est ma voiture quotidienne », nous dit Nico. « Lorsque je l’ai achetée, la voiture avait 172.500 kilomètres ; elle affiche aujourd’hui 300.000 bornes au compteur. J’ai opté volontairement pour le moteur 1.2 litre à 8 soupapes. C’est le moins puissant de la gamme, mais je trouvais ce moteur plus agréable que la variante à 16 soupapes. J’ai choisi cet exemplaire en raison du bon rapport kilométrage, couleur, état général. L’intérieur est toujours entièrement d’origine. Il y avait des travaux à faire, mais j’ai pu effectuer la majorité de ceux-ci moi-même, comme le changement de l’antidémarrage, le réglage des problèmes de câblage, le changement des freins et du joint de culasse. Après une révision de la culasse que j’ai réalisée en trois jours, ma Clio a roulé sans plus aucun problème. Autour de 225.000 kilomètres, j’ai vu plus gros : j’ai acheté des jantes de RS 172 qui ont été traitées et peintes. J’ai aussi un peu rabaissé la voiture et j’ai monté un spoiler et une calandre RS. J’ai également cherché des feux au xénon. Quand je l’ai achetée, je ne pensais pas que j’allais rouler autant avec cette voiture... »

Clio III

La Clio II a également connu une phase III, améliorée sur des points de détail. Le plus gros changement portait sur la version Renault Sport, qui recevait une poignée de chevaux en plus, ainsi qu’un double échappement central. La couleur spéciale RS Jaune Sirius faisait aussi son apparition.

En 2005, c’était au tour de la Clio III de débarquer sur le marché. Elle était proposée en versions à 3 ou 5 portes, mais s’est également déclinée juste avant le facelift en variante break, baptisée Estate ou Grandtour selon le marché. La Clio grandissait, mais sans dépasser la barre des 4 mètres de long. Esthétiquement, le modèle conservait une grille divisée en deux parties avec un élément central trapézoïdal portant le logo Renault. Et les feux avant remontaient encore un peu plus haut qu’avant. Au bout du compte, le passage de la Clio II à la Clio III a marqué une plus grosse rupture esthétique qu’entre les Clio I et II. Sans compter que la voiture devenait plus haute et bien plus habitable à l’intérieur. À l’époque, la sécurité était également un argument de vente important et, après les Laguna II et Vel Satis, la Clio III a décroché elle aussi la note maximale de 5 étoiles aux crashs-tests de l’organisme Euro-NCAP.

La gamme de moteurs évoluait également. À la base, on trouvait le 1.2 litre 16 soupapes, qui développait 65 ou 75 ch. Juste au-dessus, Renault lançait un 1.4 litre de 98 ch et, plus tard, allait arriver un 1.2 litre turbo développant 100 ch. Le moteur 1.6 litre 16 soupapes, repris de la Clio II était également au programme, tandis que la version Renault Sport disposait d’un bloc 2 litres amélioré, qui a vu sa puissance augmenter au fil de la carrière du modèle. En Diesel, on retrouvait le bloc 1.5 dCi bien connu.

TomTom

A bord de la Clio III, les matériaux et la finition ont été poussés à un très haut niveau de qualité. La voiture faisait aussi un grand pas en avant en matière de fiabilité. À côté de la version sportive, Renault a également lancé en haut de gamme une version Initiale très luxueuse : elle disposait de série d’une sellerie en cuir, d’une climatisation automatique et de beaux inserts en bois, comme à bord de la Vel Satis Initiale. La Clio 1.6 16V Initiale illustrée ici appartient à Albert Bovend’eert. Il a acheté ce modèle il y a environ six ans. Sa femme et lui profitent chaque jour de l’habitacle luxueux de cette petite voiture : cet exemplaire, datant de 2007, est en effet utilisé au quotidien et affiche maintenant 110.000 kilomètres au compteur. Parmi l’équipement de série, on pointe aussi les jantes en alliage léger, les baguettes latérales et pare-chocs peints, ainsi que la radio avec lecteur CD et commandes au volant. Une voiture qui, plus de dix ans après son lancement, reste très agréable et confortable à conduire dans la circulation actuelle.  

La Clio III a reçu un facelift en 2009. Extérieurement, c’est surtout la face avant qui a profité du lifting. Un lifting qui a définitivement mis fin à la calandre divisée en deux parties. Les feux arrière ont aussi été revus, de même que le tableau de bord et les revêtements intérieurs. Renault fut aussi l’un des premiers constructeurs à proposer d’usine un système de navigation (à cartographie TomTom) avec écran intégré.

Clio IV

Quant à la quatrième génération de la Clio, elle s’est rapidement imposée comme une référence stylistique. Ce fut la première Renault à être dessinée sous la direction de Laurens van den Acker. Elle reprenait quelques éléments esthétiques du concept-car Desire. Techniquement, la voiture reposait sur la même plate-forme que celle de la Clio III, mais affichait donc un style extérieur et intérieur totalement nouveau. Une voiture au look sportif, plus basse et plus large que sa devancière. Grâce à ce design réussi, les ventes de cette Clio IV n’ont cessé d’augmenter d’années en années...   

La Clio IV apportait aussi avec elle de nouvelles possibilités de personnalisation du modèle, comme des inserts extérieurs colorés, des stickers, un large choix de jantes, ainsi que des inserts intérieurs disponibles en plusieurs couleurs différentes. La personnalisation se voit d’ailleurs sur l’exemplaire illustré ici, appartenant à Wilhelm van Spijker. Ce qui saute bien sûr aux yeux en premier lieu, c’est la couleur jaune de la voiture, une couleur qui faisait partie des teintes d’introduction du modèle. Cet exemplaire date de 2013 et a été acheté en 2009 par Wilhelm. « Je voulais un modèle à 5 portes, comme la voiture que je possédais avant. Cette Clio est très bien équipée, avec notamment un système audio et de navigation. Je n’ai donc pas ajouté grand-chose comme accessoires, juste un accoudoir central entre les sièges avant pour plus de confort et une antenne en aile de requin à la place de celle d’origine, plus longue. C’est la voiture que j’utilise au quotidien. Pour les loisirs, j’ai aussi une voiture classique : une Renault 25 V6 Limousine. », détaille Wilhelm.

Au lancement de la Clio IV, la plupart des moteurs à essence disponibles étaient nouveaux. À côté du bien connu 1.2 litre d’entrée de gamme, on trouvait le 0.9 litre turbo à 3 cylindres, ainsi qu’un 1.2 litre turbo à 4 cylindres issu de la même famille. Ce dernier fut dans un premier temps exclusivement couplé à la boîte robotisée EDC à double embrayage.

Grand Tour

En 2016, Renault a offert un lifting à sa Clio IV. Mais rien de vraiment révolutionnaire… Extérieurement, on remarquait essentiellement le nouveau pare-chocs. L’habitacle profitait lui aussi d’une mise à jour, avec de nouveaux sièges offrant un meilleur soutien du corps et, surtout, de nouveaux matériaux plus valorisants pour la planche de bord et les panneaux de portes. On précisera que la Clio IV hatchback ne fut disponible qu’en version à 5 portes et pas en 3 portes. Mais on trouvait aussi une variante break Estate/Grandtour. La version RS disposait donc elle aussi de 5 portes. Et cette Clio RS embarquait aussi pour la première fois un moteur turbo, en l’occurrence un 1.6 litre de 200 ch, associé d’office à la boîte robotisée EDC à double embrayage. Les puristes ont donc dû se conformer à ce choix du constructeur... Au cours de la carrière de cette Clio, la version TCe 120 a aussi pu disposer d’une boîte manuelle, en plus de la boîte EDC des débuts.

Clio V

Et nous voilà en l’an 2019, lorsque Renault a lancé, juste avant l’été, la cinquième génération de la Clio... Sur le plan du style, pas de révolution, mais juste une petite évolution : ça se voit et les designers ne s’en cachent pas. Mais si la Clio V a repris pratiquement sans changement la robe de sa devancière, il s’agit pourtant bien d’une toute nouvelle voiture, tant en ce qui concerne la structure que l’habitacle ou les éléments techniques. Sous le capot, le moteur 0.9 litre est poussé à 1 litre, tandis que le 1.2 litre passe lui à une cylindrée de 1.3 litre. De plus, Renault propose une variante hybride, associant deux moteurs électriques et un bloc 1.6 litre atmosphérique à essence. Le seul type de carrosserie proposé est la 5 portes qui, pour la première fois en 30 ans, est plus courte que sa devancière. Mais cela n’a heureusement pas d’influence négative sur l’habitabilité intérieure. Le volume du coffre a même au contraire grossi.     

La plus grosse différence entre les Clio IV et V est à chercher à l’intérieur de la voiture : la qualité des matériaux utilisés a nettement progressé et le client peut encore personnaliser davantage sa voiture en jouant avec les couleurs. Les lignes du capot et les feux de jour en forme de « C » créent aussi une ressemblance avec les plus grands modèles de la famille Renault, en particulier la Mégane. Rassembler les cinq générations de Clio nous donne un bel aperçu du développement accompli par Renault au cours des 30 dernières années sur le marché des voitures compactes du segment B. Et la Clio devrait continuer à laisser une trace dans la prochaine décennie car on s’attend en perspective à de bons niveaux de vente sur le marché européen.