Renault 4 Bertin 1965

Petite, mais visionnaire…



Title scrollto section 1
Optional subtitle

Cette petite puce biplace était en quelque sorte une Smart avant l’heure. Bien avant, même ! Car l’ingénieur Jean Bertin a conçu ce drôle de concept au milieu des années 60, sur une base de Renault 4.

Lors du « 4L International », des milliers de regards de visiteurs étaient fixés sur cette minuscule voiture. Cette Renault 4 au châssis raccourci de 74 centimètres a fait le déplacement à Thenay depuis le Musée National de l'Automobile de Mulhouse (aujourd’hui appelé la Cité de l'Automobile). Et Losange Magazine a même pu grimper à bord de l’engin durant la parade de l’événement.  

À son époque, Jean Bertin avait donc déjà un œil tourné vers les moyens de transport du futur. Cette Renault 4 raccourcie était pour lui une tentative de solution pour diminuer les embouteillages qui commençaient déjà à se former dans les grandes cités. Bertin était un homme extrêmement intelligent, titulaire non seulement d’un diplôme d’ingénieur en aéronautique, mais aussi d’un diplôme en droit. Après plusieurs années passées en tant que directeur de la Snecma, fabricant de moteurs d’avion, il fonde en 1955 sa propre société d’ingénierie. Avec ses collègues, il se penche sur les problèmes énergétiques futurs, la pollution de l’air et l’engorgement des villes. 

Title scrollto section 2
Optional subtitle

Multifonctionnelle

Cette mini-Renault 4 a en fait été élaborée au milieu des années 60 par l’ingénieur Jean Simonnet, sous la direction de Bertin. La 4L fut prise comme base technique car il s’agissait d’une voiture abordable, de construction simple et multifonctionnelle. La R4 s’est muée en courte biplace pour une meilleure maniabilité en ville. Mais il ne restait donc plus que deux places à bord (c’est la banquette arrière qui sert ici de sièges… avant). Par contre, la construction a été pensée de sorte à conserver le même volume de coffre.   

Une grande rénovation

Une fois construite, cette petite Renault 4 a été conduite régulièrement par les membres du personnel de Bertin, ainsi que par un collaborateur du ministre français de l’environnement de l’époque. Mais pas pour très longtemps. En février 1973, la voiture est présente lors d’un congrès sur les voitures électriques, organisé à Arc-et-Senans par la fondation Claude-Nicolas Ledoux, qui a reçu la voiture par donation. Mais l’engin, pourtant unique, fut endommagé suite à de nombreux mouvements dans l’entrepôt où il séjournait. En 1984, le musée automobile de Mulhouse a racheté le bout de tôle pour un Franc symbolique. La voiture est alors restée enfermée pendant plus de vingt ans et fut même un temps pratiquement oubliée. Mais des jours moins sombres se sont annoncés lorsqu’un journaliste a découvert la voiture lors d’une visite de la réserve du musée, en 2007. Une grande rénovation a été entreprise et s’est achevée en 2011. Les visiteurs du musée et du 4L International ont alors pu redécouvrir cette petite puce française.  

Photo: En 2011, le Renault 4 Bertin a été restauré avec l'aide de Renault Classic et du lycée Bugatti d'Illzach.

Petite puce

Une toute petite puce, même, puisque la caisse de la R4 d’origine a été raccourcie de 74 centimètres entre les montants A et C, avant d’être resoudée. L’empattement est donc raboté, passant des 2,40 mètres d’origine à seulement 1,66 mètre. Quant à la longueur totale, elle n’est que de 2,93 mètres, ce qui rendait donc la Bertin plus courte que les Mini et Fiat 500 de l’époque. L’accès à bord est assez compliqué, mais une fois assis, deux adultes disposent de suffisamment d’espace. Par rapport à la version d’origine, cette petite R4 a perdu entre 50 et 60 kilos, tandis que son diamètre de braquage d’à peine plus de 7 mètres constituait un atout indéniable en ville.

Title scrollto section 3
Optional subtitle
"De motor maakt het bekende, zingende geluid. Wie ooit in zijn leven met de pook aan de stuurkolom heeft geschakeld, verleert dit nooit."
Une fois construite, cette petite Renault 4 a été conduite régulièrement par les membres du personnel de Bertin, ainsi que par un collaborateur du ministre français de l’environnement de l’époque.
John Doe

En route!

Nous avons pu faire un petit tour à bord de la Bertin sur le terrain qui servait de décor au « 4L International », à Thenay. De l’intérieur, lorsque l’on regarde droit devant à travers le pare-brise, on se croirait dans une R4 tout à fait ordinaire. Et la suspension bien réglée se montre confortable, malgré la très forte réduction de l’empattement. Mais lorsque l’on voit le nombre de pouces levés et d’appareils photos braqués sur nous, on comprend que nous ne roulons pas dans une classique R4... Le public fut très surpris de voir rouler cette Renault 4 Bertin, qui offre donc un succès garanti à ses passagers !