Renault 20 TX 1981

Du bronze pour cette confortable berline

La disparition de la 30 TS pour le millésime 1981 a créé un vide dans le programme de vente des grandes Renault. Le trou s’est comblé avec cette 20 TX, qui fut la première équipée du bloc 2,2 litres à 4 cylindres. Une berline certes positionnée un cran plus bas dans la hiérarchie maison, mais qui ne se contentait du bronze qu’en matière de couleur, pas de prestations... 

Peu après le lancement de la Renault 30 TS à 6 cylindres, en 1975, est apparue la Renault 20, un dérivé animé par des moteurs plus modestes. D’abord proposée uniquement avec le bloc 1.647 cc de la 16 TX, la voiture s’est ensuite déclinée en version 20 TS. Celle-ci disposait de la première mouture du 2 litres Douvrin, qui a connu une longue carrière au sein de la gamme Renault. C’était un moteur très moderne pour l’époque et le premier de la marque à être équipé d’une courroie de distribution. Cette 20 TS constituait donc un trait d’union idéal entre la quelque peu sous-motorisée 20 TL et l’élitiste 30 TS à moteur V6.  

À l’été 1980, Renault a présenté le restylage des séries 20 et 30. La 30 TS à carburateur s’est alors effacée devant la 30 TX V6 à injection. Mais cela impliquait donc une grosse différence de prix entre la 20 TS à moteur 2 litres et la 30 TX 2,7 litres V6. Entre les deux, la nouvelle 20 TX tombait donc à point. La voiture offrait en effet un bon compromis en matière d’équipements et de moteur. Le bloc 2 litres Douvrin recevait ici une course allongée, qui portait sa cylindrée à 2.165 cc. Le but n’était pas uniquement d’augmenter la puissance (qui passait de 95 à 115 ch), mais aussi et surtout d’augmenter la souplesse du moteur, grâce à un couple qui passait de 154 à 177 Nm. Cette cure de dynamisme se remarquait clairement en pratique, avec un temps nettement réduit pour passer de 0 à 100 km/h.

Jantes en acier

Extérieurement, cette 20 TX se reconnaissait directement à ses jantes en acier de 14 pouces. Jusqu’au restylage, ces roues étaient également montées sur les 20 TS et 30 TS. À partir du facelift, la 20 TS reposait sur de plus petites roues, de 13 pouces. Par rapport à une Renault 30, la 20 TX se distinguait esthétiquement par l’absence de chrome sur le contour des feux arrière, des pare-chocs à butées en caoutchouc plus courts, les inscriptions « 2.2 Litres » à l’avant et à l’arrière, ses gros feux avant plats, ainsi que sa calandre dépourvue de large bande chromée, cette dernière étant alors réservée spécifiquement à la 30 TX. Une 20 TX se reconnaissait aussi facilement à ses encadrements de vitres latérales totalement chromés, alors que la 20 TS ne disposait que d’une baguette de chrome inférieure, tandis que la 30 TX s’offrait en plus une garniture en aluminium le long du montant B.

Tableau de bord

À la mi-1980, l’habitacle de la voiture a connu de très gros changements. Le tableau bord prenait une toute nouvelle forme, tandis que les panneaux de portes et le mobilier étaient aussi repensés. L’instrumentation était également modifiée : si les premières R20 disposaient d’un combiné plat à quatre cadrans ronds, celui de cette 20 TX est légèrement arrondi et tourné vers le conducteur. L’instrumentation comprend deux cadrans ronds principaux : le compte-tours et le compteur de vitesse. On trouve aussi au milieu de plus petits instruments, pour le niveau d’huile, de carburant et la température du moteur. Au-dessus des cadrans, on trouve une série de voyants lumineux.

Et dans la partie supérieure du compteur de vitesse sont disposées de petites lampes. Celles-ci soulignent visuellement à quelle vitesse le conducteur a réglé le Normalur, précurseur du régulateur/limiteur de vitesse. L’interrupteur principal de cet équipement est situé à la droite du combiné d’instruments. Et les boutons implantés sur le volant permettent de réguler la vitesse (+/-) ou de la verrouiller (=). Dans ce dernier cas, le système fonctionne comme un limiteur de vitesse et la pédale d’accélérateur devient très dure lorsque la vitesse sélectionnée est atteinte.  Au sommet de la console centrale, cette 20 TX dispose d’un véritable ordinateur de bord, avec un grand nombre de boutons. Pour bien s’en servir, il faut obligatoirement faire un détour par la notice d’utilisation.

On note que le motif du sommet des garnitures de portes est identique à celui du tableau de bord. Quant aux accoudoirs de portes, ils sont partiellement recouverts du même tissu que celui des sièges et de la banquette arrière. Le rétroviseur extérieur gauche était de série et peut se régler manuellement depuis l’intérieur. Le rétroviseur extérieur droit était à l’époque proposé en option.

Accoudoir central

Les sièges et la banquette arrière ont aussi été redessinés. Quatre passagers peuvent prendre leurs aises à bord et profitent chacun du confort d’un appuie-tête, qui ne peut toutefois se régler qu’en hauteur. L’accoudoir central escamotable rehausse encore le bien-être des deux passagers arrière. Il manque par contre un accoudoir central avec bac de rangement entre les sièges avant, un élément qui était alors réservé à la 30 TX.

Châtelain

La voiture illustrée dans ce reportage affiche à peine 94.000 km au compteur et cela se remarque dans l’habitacle et au volant. Tout le mobilier semble en effet solidement assemblé et l’on ne note pas de jeu dans la direction ou la suspension. On remarque également que la mousse du siège conducteur est toujours bien ferme. La carrosserie a été restaurée il y a plusieurs années déjà et a été repeinte dans la couleur bronze d’origine (123). La voiture a été immatriculée pour la première fois en France le 8 décembre 1981 (il s’agit donc d’un millésime 1982), dans une région inconnue du propriétaire actuel. L’historique connu du véhicule ne remonte qu’à 2012, lorsque le concessionnaire Jean-Pierre Didier de Saint-Jean-en-Val (département 63) s’est occupé de la belle. Il dit avoir acheté la voiture à un châtelain possédant une belle collection automobile. Le propriétaire actuel, Jean-Pierre Ruijs, a acheté la voiture en juillet 2018. Quel que soit l’angle sous lequel on la regarde, cette Renault est saine et dépourvue de la moindre trace de corrosion. Et, en tant que fils d’un ancien concessionnaire Renault, Jean-Pierre sait comment prendre soin de sa belle R20 de couleur bronze, afin qu’elle reste resplendissante pour les prochaines générations de passionnés du modèle…

Quatre passagers peuvent prendre leurs aises à bord et profitent chacun du confort d’un appuie-tête.

En détail...

Renault 20 TX (R1279)


Moteur:

4 cylindres essence, alésage x course 88 x 89 mm, cylindrée 2.165 cc. Puissance 115 CV à 5.600 tr/min, couple 177 Nm à 3.000 tr/min, taux de compression 9,2:1. Caburateur Weber 32 - 36 DARA , boîte manuelle à cinq vitesses.
Suspension:

Avant indépendante avec deux bras porteurs triangulaires superposés et barre stabilisatrice (24 mm), indépendant à l'arrière avec bras porteurs de roue disposés longitudinalement et transversalement, ressorts hélicoïdaux. Freins à disques ventilés à l'avant (diamètre 252 mm), tambours à l'arrière (diamètre 228,5 mm). Pneus : 165SR14.
Dimensions:

Longueur 4,520 mètres, largeur 1,732 mètre, hauteur à vide 1,430 mètre, empattement 2,671 metrès, voie avant 1,444 mètre, voie arrière 1,436 mètre. Coffre à bagage 395 - 1.550 litres.  Rayon de braquage 10,60 mètres. Poids: à vide 1.290 kg, charge utile 430 kg, poids maximal autorisé 1.720 kg, poids de la remorque (freinée) 1.300 kg. Capacité du réservoir d'essence 67 litres.
Performances:

Vitesse maxi 178 km/h, accéleration de 0-100 km/h en 11,6 secondes. Consommation 7,4 litres/100 km (90 km/h), 9,6 litres/100 km (120 km/h), 12 litres/100 km (en ville).